Chaque 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes pose la même question : où en est-on, vraiment ? La réponse, nous la connaissons : l'égalité n'est pas acquise. Cette réalité concerne chacun d’entre nous, parce que nous avons tous une sœur, une mère, une fille. Ce qui leur arrive au travail, dans la rue, au quotidien, nous regarde, nous appartient. Pour la Matmut, cette journée est l’occasion de faire le point, en toute humilité, sur ce qui a avancé, et sur ce qui reste à faire. Avec une conviction : le changement ne se fera pas sans tout le monde. Les femmes comme les hommes.

Assurer, accompagner, protéger, s'engager : c'est la mission que la Matmut se donne pour ses sociétaires. Ce sont aussi les mots qui définissent sa responsabilité envers ses collaboratrices et collaborateurs. Rendre l'assurance plus juste pour tous n'a de sens que si cette justice s'applique d'abord en interne : dans les salaires, les promotions, les parcours, et la culture d'entreprise... pour commencer. Car nous avons choisi d'aller plus loin, au-delà de nos murs, au-delà de nos collaboratrices et nos collaborateurs.

Un index égalité professionnelle solide... mais des écarts qui persistent

98 sur 100 à l’Index égalité professionnelle* : oui, le score de la Matmut est très élevé. Il signifie que nos pratiques en matière d’égalité sont quasi exemplaires. Les écarts de salaire, à poste comparable, sont fortement réduits, les femmes sont augmentées à leur retour de congé maternité, et la parité progresse parmi les hautes rémunérations.

Ce que l'index ne mesure pas, en revanche, c'est la réalité des postes de direction ou de certaines filières. Dans les secteurs du numérique, de l’IT et de la tech, par exemple, la présence des femmes reste encore trop marginale. Ce n’est pas un constat d’échec. C’est le point de départ d’une politique d’égalité professionnelle concrète, mesurable, mais également « vivante ».

« Si nos résultats nous encouragent, ils ne sauraient nous satisfaire. 37 % de femmes parmi nos cadres supérieurs : cet écart est là, mesuré et connu. C’est un des objectifs de l’accord que nous avons mis en place pour agir ensemble. »

Véronique Jolly - Membre du Comex en charge de la Direction des Ressources Humaines

« "Tous alliés", ce n'est pas un slogan. C'est notre façon de dire que l'égalité ne se fera pas sans les hommes, pas sans les dirigeants, pas sans chacun d'entre nous, et qu'elle dépasse largement les murs de l'entreprise. »

Stéphane Muller - Directeur Général Délégué Assurances

Un accord triennal pour l’égalité, en six leviers

Signé le 21 février 2025 avec la CGT, la CFE-CGC et la CFTC, l’accord relatif à la promotion de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est entré en vigueur le 1er mars 2025 pour une durée de trois ans. Cette politique ambitieuse s’articule autour de six axes, chacun assorti d’indicateurs de suivi.

Dès le recrutement, les mêmes chances pour tous.

L'accord fixe des objectifs précis : une mixité des filières, des shortlists paritaires au recrutement, un suivi individuel des projets professionnels, un soutien actif à la mobilité interne. Cela signifie qu'une collaboratrice qui souhaite évoluer ou changer de poste bénéficie du même accompagnement qu'un collaborateur. Ni plus, ni moins.

La formation, sans distinction.

Un accès équitable aux dispositifs de formation est garanti pour toutes et tous. L’accord intègre également des parcours axés sur le développement de la diversité et de l'inclusion, pour que ce sujet s’ancre dans les pratiques. Et parce qu'on n'apprend bien que lorsqu'on va bien, cet axe intègre des mesures concrètes pour que chacun puisse trouver son équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

900 000 euros pour résorber les écarts de salaire.

C’est le montant du budget « équité minimum » accordé pour trois ans. En parallèle, la Matmut engage des travaux préparatoires sur la transparence des salaires. Une évolution structurante, qui permettra, à terme, à chaque collaborateur et collaboratrice de situer sa rémunération de façon objective.

La parentalité : au masculin aussi.

Cet axe est sans doute celui qui exprime le mieux la volonté de la Matmut d’intégrer les hommes au changement. Les mesures le prouvent : un congé paternité complémentaire de 7 jours calendaires, au-delà des 25 jours légaux ; des dispositifs d'absence liés à l'arrivée d'un enfant, reconduits et étendus au partenaire de la femme enceinte ; des horaires aménageables pour la rentrée scolaire ; un guide de la parentalité adressé à chaque collaboratrice dès sa déclaration de grossesse (ainsi qu'à son manager) ; une campagne RH pour accompagner les personnes en temps partiel temporaire dans leur organisation au travail. Parce que tant que la parentalité restera un sujet exclusivement féminin dans l'entreprise, l'égalité ne progressera pas vraiment.

Un interlocuteur pour sensibiliser au quotidien.

Un rôle de référent égalité professionnelle est créé pour porter le sujet au plus près du terrain. Il s’agit d’une personne identifiée, disponible, qui répond aux questions et fait vivre l'accord dans l'entreprise, au quotidien. La Matmut rejoint aussi des initiatives extérieures de lutte contre le sexisme ordinaire, pour ancrer cet engagement dans un mouvement plus large que le seul cadre de l'entreprise.

Face aux violences, des réponses concrètes.

Enfin, l'accord prévoit une sensibilisation de l'ensemble des collaborateurs au harcèlement sexuel, aux agissements sexistes et au harcèlement moral. Il va plus loin sur l'accompagnement des collaboratrices et collaborateurs victimes de violences domestiques : rappel systématique des dispositifs internes disponibles, réservations de nuitées d'hôtel en cas d'urgence, et étude d'une mobilité géographique si la situation l'exige. La Matmut agit, concrètement.

Pluri'Elles : le programme qui donne aux femmes les moyens de leurs ambitions

Créé il y a plusieurs années, le programme Pluri’Elles repose sur un constat simple : les femmes à fort potentiel existent à tous les niveaux de la Matmut. Ce qui leur manque parfois, ce n’est ni la compétence ni l’ambition, mais la visibilité, les connexions, et la confiance en soi.

Pour agir sur ces freins, la Matmut a développé trois dispositifs :

Le mentoring individuel :

chaque participante est accompagnée par un mentor issu d’une autre direction (femme ou homme), qui partage son expérience et ouvre son réseau.

Le renforcement du leadership :

des ateliers et des mises en situation qui aident à travailler la prise de parole, la posture, la capacité à se positionner.

La mise en réseau :

le programme Pluri'Elles réunit chaque année une promotion de collaboratrices issues de directions différentes. Pendant plusieurs mois, elles travaillent ensemble, échangent sur leurs parcours, leurs blocages, leurs ambitions. Ce brassage crée des connexions entre femmes qui ne se seraient peut-être jamais croisées et qui, une fois le programme terminé, continuent à s'appuyer les unes sur les autres dans leur quotidien professionnel. Elles sont mieux armées, mieux connectées, et plus visibles.

Les hommes : au cœur de la transformation

L'accord triennal ne s'adresse pas qu'aux femmes. Il interpelle directement les pères, les managers et collègues masculins. Le congé complémentaire de 7 jours créé par l'accord envoie un message clair : la naissance d'un enfant, c'est aussi une affaire d’homme. L'entreprise le reconnaît et mieux, elle l'encourage. Les managers, tous genres confondus, bénéficient par ailleurs de formations aux biais inconscients. L'objectif est simple : que les décisions de recrutement, de promotion et de rémunération ne reposent que sur des critères objectifs.

L’événement :

le 16 mars 2026, la Matmut organise une conférence « Les hommes alliés de la mixité », à Rouen et en visioconférence, animée par Sébastien Garcin, co-fondateur de Men at Work, un programme de transformation clés en main pour un environnement de travail apaisé, inclusif et égalitaire. Ouverte à tous les collaborateurs, mais aussi ouverte aux femmes, cette conférence pose une question simple et pourtant centrale : comment, concrètement, un homme peut-il contribuer au changement dans son entreprise ?

De l'entreprise à la rue : la Matmut va plus loin avec The Sorority

The Sorority est une application mobile et une communauté d'entraide créée en 2019, reconnue d'intérêt général, dont la mission est de lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes. Son principe : permettre à toute personne en danger de déclencher une alerte géolocalisée, immédiatement reçue par les utilisateurs proches, et de trouver en quelques secondes un lieu sûr où se réfugier. L'application compte aujourd'hui près de 380 000 profils vérifiés dans le monde.

En 2025, la Matmut s'est engagée aux côtés de The Sorority en faisant référencer 270 de ses agences comme lieux sûrs directement dans l'application. Une femme en danger qui ouvre l’application peut localiser l'agence Matmut la plus proche, s'y rendre, et y trouver un accueil bienveillant, un espace pour souffler et se sentir en sécurité. Nos équipes sur le terrain (directrices et directeurs d'agence, conseillères et conseillers) portent cet engagement au quotidien. Ce partenariat prolonge directement l'axe 6 de l'accord triennal, celui sur la prévention des violences, au-delà des murs de l'entreprise.

Ce sont eux qui en parlent le mieux !

Nicolas Barthélémy, directeur d'agence à Paris (12e)

« Quand j'ai découvert le partenariat avec The Sorority, j’ai tout de suite pensé que cette démarche bienveillante était alignée avec les valeurs de la Matmut. Avec mon équipe (nous sommes deux hommes et une femme), on a tout de suite adhéré. Je le vis personnellement comme un devoir citoyen. J'ai grandi avec ces sujets, et il m’arrive d’être témoin de situations compliquées dans les transports. En tant qu'homme, on peut être plus dissuasif, cela nous permet de participer plus activement. Parfois on ne sait pas trop comment réagir. Ce partenariat nous offre un cadre. »

Isabelle Lemoine, directrice d'agence à Draguignan (Var)

« Je n'avais jamais entendu parler de The Sorority, mais je me suis tout de suite sentie concernée. Impliquée, même. Nous avons toutes été confrontées au harcèlement de rue. Et nos collègues masculins en ont tous été déjà témoins. Rejoindre le dispositif et poser une pierre à l’édifice, c’était une évidence. Au quotidien, cela se traduit par une posture plus que par un protocole contraignant. Si quelqu'un entre, on l'accueille, on lui propose de s'asseoir, un verre d'eau, le temps de souffler, puis on passe le relais si la situation le demande. Accompagner les gens dans les moments difficiles, c'est notre Raison d'être. Ici, on le fait juste un peu plus. »

En 2026, des efforts à poursuivre

À la Matmut, 37 % des cadres supérieurs sont des femmes, pour 66 % des effectifs : un écart qui persiste malgré les mesures prises. Il serait donc illusoire de prétendre qu'un accord suffira à le combler. Une partie du problème se joue bien avant l'entreprise. Dans les filières numériques et techniques, l'absence des femmes commence dans les salles de classe, dans les stéréotypes culturels qui dissuadent encore trop de jeunes filles de se projeter vers ces métiers. De l'autre côté du spectre, les fonctions de gestionnaire restent aujourd'hui très majoritairement féminines : rééquilibrer aussi ces métiers, en y attirant des hommes, fait partie du chemin à parcourir.

La Matmut ne résoudra pas seule ces dynamiques, mais elle agit sur ce qui dépend d'elle : ses processus de recrutement, ses critères de promotion, et ses partenariats avec des organisations engagées sur ces enjeux. Avec Force Femmes, association qui accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur retour à l'emploi ou leur projet entrepreneurial. Avec Femmes@Numérique, collectif national qui œuvre pour la féminisation des métiers et des filières du numérique, dès l'école et tout au long de la vie professionnelle. Avec la Fondation INSA, qui soutient la diversité et la mixité au sein des grandes écoles d'ingénieurs.

Avec l'ensemble de ses collaboratrices et collaborateurs, et aux côtés de ces acteurs qui agissent sur les mêmes enjeux en dehors de l'entreprise, la Matmut contribue à quelque chose de plus large qu'un simple accord : un mouvement collectif, qui se construit dans les écoles, dans les associations, dans les entreprises, et qui avance, lentement mais sûrement, vers une égalité réelle.

*L'Index égalité professionnelle expliqué

Cet indicateur créé par la loi française en 2018 est obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés, qui doivent le publier chaque année avant le 1er mars. Il est noté sur 100 points et agrège cinq critères :

  • l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes à poste et âge comparables (40 points) ;
  • l'écart dans les augmentations individuelles (20 points) ;
  • l'écart dans les promotions (15 points) ;
  • le pourcentage de femmes augmentées au retour d'un congé maternité (15 points) ;
  • la parité parmi les 10 plus hautes rémunérations (10 points).

En dessous de 75/100, l'entreprise est obligée de prendre des mesures correctives, sous peine de pénalité financière.

Actualité

06 Mars 2026

Temps de lecture : 15 min