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Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel

Publié en décembre 2022

Faisant partie des risques psychosociaux (RPS), le burn-out est un état d’épuisement à la fois émotionnel, physique et psychique, qui se développe dans le cadre de l’activité professionnelle. Les conséquences d’un burn-out peuvent être dramatiques. La Matmut vous informe et vous conseille.

Définitions du burn-out

Le burn-out est un état d’épuisement mental et émotionnel, mais aussi physique, qui résulte de l’exposition prolongée à des situations de travail demandant un investissement personnel particulièrement important. L’organisation mondiale de la santé (OMS) définit ce syndrome d’épuisement professionnel comme « résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès ».

 Le terme « burn-out », qui s’écrit également « burn out » ou « burnout », est un anglicisme signifiant littéralement « brûler complètement », renvoyant l’image d’une personne qui se consume de l’intérieur, épuisant toutes ses ressources – aussi bien physiques que mentales – dans l’exercice de son activité professionnelle.

Mise en garde
Un burn-out plonge celui ou celle qui le subit dans un état d’anxiété et de charge mentale tel qu’il ou elle se sent entrainé(e) dans une spirale infernale. Celle-ci conduit au désespoir et jusqu’à des pensées suicidaires, voire à des passages à l’acte.        

Burn-out et stress chronique : quelles différences ?

Le burn-out est une conséquence possible du stress chronique dans l’activité professionnelle (conformément à la définition de l’OMS ci-dessus). Ce stress est intense et, par définition, ressenti sur la durée. Le burn-out se développe notamment à cause d’un engagement très fort de la personne dans son travail : le déséquilibre devient trop important entre la réalité de ce dernier et ce qu’il représente pour la personne.         

Burn-out et dépression : quelles différences ?

La dépression peut être une conséquence d’un burn-out. Pourtant, à la différence de ce dernier, elle n’est pas nécessairement liée à un mal-être causé par un excès de stress ou à une sollicitation cognitive et émotionnelle excessive. Par ailleurs, le burn-out est associé à l’activité professionnelle, alors que la dépression ne l’est pas nécessairement.      

Burn-out et bore-out : quelles différences ?

Le bore-out est un autre syndrome d’épuisement professionnel. Mais, contrairement au burn-out, il n’est pas causé par la suractivité. Son origine est opposée : le bore-out est causé par un ennui profond et prolongé, du fait de l’absence de tâche ou bien de l’accomplissement d’activités sans intérêt.
Le bore-out présente de nombreux effets semblables à ceux du burn-out, comme la perte de sens, de motivation ou un fort sentiment de dévalorisation, qui peuvent conduire à la dépression.

Les trois dimensions du burn-out

« Vous vous sentez chroniquement épuisé(e) ; vous devenez cynique et vous vous détachez de votre travail ; vous vous sentez de plus en plus inefficace dans votre travail. » Tels sont les trois évènements qui caractérisent le burn-out selon les chercheurs américains en psychologie Christina Malasch et Michael Leiter, auteurs de l’ouvrage de référence Burn out – Le syndrome d’épuisement professionnel (Les Arènes, 2011).         

La fatigue chronique, ou épuisement

Avec le burn-out, il ne s’agit pas de la fatigue que la plupart d’entre nous ressentons du fait de nos vies bien remplies ou d’un manque de sommeil régulier... Là, il est question d’un véritable épuisement, c’est-à-dire une fatigue extrême et chronique causée par un manque de ressources physiques, psychiques et émotionnelles.
Chaque tâche, y compris se lever le matin, devient difficile du fait de ce manque de ressources pour l’accomplir. Cette fatigue peut résulter de l’exposition prolongée à des facteurs de risques psychosociaux, comme des conditions de travail difficiles ou une grande solitude face à elles. Et elle ne peut pas être soulagée dans les temps de repos qu’offrent le sommeil, les week-ends, ni même les périodes de congé.  

Le détachement, le cynisme par rapport au travail

Outre sa fatigue immense, la personne qui se sent submergée réagit avec une forme de colère, d’exaspération. Cet état émotionnel peut aussi se manifester par du détachement, voire du cynisme, envers son travail mais aussi envers ses collègues ou les autres personnes qu’elle est amenée à côtoyer dans le cadre de son activité professionnelle ou dans les autres sphères de sa vie. Une telle « perte d’émotivité » dans le rapport aux autres et au travail serait la marque d’une tentative d’adaptation au stress.         

Le sentiment de perte d’efficacité et de sens

La personne victime d’un burn-out ne trouve plus de sens à son travail. Elle ne se sent plus capable de l’accomplir correctement malgré tous ses efforts. Elle n’a plus non plus le sentiment de s’accomplir personnellement au travail et a même au contraire l’impression d’être moins efficace, moins productive.

Les symptômes du burn-out

Le burn-out n’est pas considéré comme une maladie. Il peut être caractérisé par un faisceau de symptômes de différents types : physiques, émotionnels, comportementaux, motivationnels… Il peut concerner tout type de travailleur, quel que soit son statut (salarié, indépendant, chef d’entreprise…), sa profession (soignant, avocat…), son mode de travail (sur site, en télétravail)…

Symptômes physiques du burn-out

Il s’agit d’un spectre assez large de manifestations révélant l’épuisement de la personne : troubles du sommeil, fatigue intense, troubles musculosquelettiques (crampes et tensions musculaires, notamment dans le dos, les cervicales…), troubles gastro-intestinaux, maux de tête, vertiges…

Cela peut aussi se traduire par une variation brutale de poids, à la hausse ou à la baisse. En effet, certains se réfugient dans la nourriture pour tenter de surmonter leur stress, tandis que ce dernier « coupe l’appétit » d’autres personnes. 

Symptômes émotionnels du burn-out

L’épuisement physique, le sentiment de perte de contrôle de son existence sont sources de manifestations émotionnelles négatives, telles qu’une crise de larmes ou bien une explosion de colère. La personne peut faire preuve d’une hypersensibilité, d’une grande irritabilité ou nervosité.
Il arrive aussi, au contraire, qu’elle ne manifeste aucune émotion tant elle est épuisée. Dans tous les cas, l’absence chronique de manifestations de joie est un signe qui doit alerter.

Symptômes comportementaux du burn-out

Les manifestations émotionnelles typiques du burn-out se traduisent dans le comportement. La colère entraîne de l’hostilité, voire de l’agressivité. La tristesse provoque repli sur soi et isolement social. Inversement, la perte d’émotivité se traduit par une baisse de l’empathie, un détachement envers les difficultés des autres.
On constate souvent la mise en place de conduite addictives : addiction à l’alcool, au tabac, à la consommation de tranquillisants… On peut observer différents gestes d’automutilation, jusqu’à la tentative de suicide.

Symptômes cognitifs du burn-out

Là encore, l’épuisement a des conséquences sur les capacités cognitives : réduction de la capacité de concentration, difficultés de mémorisation, à prendre des décisions, à effectuer plusieurs tâches à la fois. Oublis et erreurs d’inattention se multiplient. 

Symptômes motivationnels du burn-out

L’épuisement, le détachement, la tristesse et la colère sont autant de facteurs jouant sur la motivation de la personne, qui, peu à peu, se désengage de son travail, n’y trouvant plus de sens, se demandant « ce qu’elle fait là ». Se sentant incapable de réaliser efficacement et correctement son travail, la personne se sent « nulle », complètement dévalorisée. La perte d’estime de soi et les croyances limitantes sont importantes, et les perspectives d’amélioration de la situation s’éloignent.

Les conséquences du burn-out

Comme nous l’avons vu, les symptômes du burn-out sont nombreux et diversifiés. Ce n’est pas une maladie en soi, mais ses conséquences sur la santé peuvent être dramatiques : dépression, pathologie cardiovasculaire, addiction, tentative de suicide…
En outre, le burn-out risque de conduire non seulement à la mise en danger de la personne concernée mais aussi, du fait de l’épuisement, à la mise en danger d’autrui : conduite dangereuse, oublis ou erreurs aux conséquences dramatiques.

Comment faire face au burn-out ?

Le diagnostic d’un burn-out s’ensuit généralement de la prescription d’un arrêt de travail, afin que la personne puisse se reposer, prendre du recul mais aussi pour laisser le temps de mettre en place des mesures permettant d’améliorer sa qualité de vie au travail. Une psychothérapie peut également être amorcée en complément.

Arrêt de travail et burn-out

L’arrêt de travail est nécessaire, ne serait-ce que pour que la personne puisse essayer de prendre le temps de se reposer, de dormir. Cette pause dans son activité professionnelle lui permet également de prendre du recul sur son travail, son investissement, son perfectionnisme…. Enfin, ce temps peut aussi être utilisé pour reconsidérer les conditions de travail, réfléchir à ce qui peut être amélioré et pour procéder à la mise en œuvre d’aménagements spécifiques.
Lorsque l’on est indépendant ou chef d’entreprise, il peut être particulièrement difficile d’envisager une telle pause. Mais face au burn-out, elle devient cruciale, voire vitale. D’où l’importance aussi, lorsque l’on a ce statut, de miser sur la prévention.   

Retour à l’emploi après un burn-out

La reprise du travail est souvent redoutée par la personne ayant fait un burn-out. Dans de nombreux cas, elle préfère reprendre dans un autre cadre professionnel, en changeant d’entreprise voire de domaine d’activité ou de statut. Il est toutefois possible de reprendre son poste et d’y retrouver du plaisir et du sens, à condition d’avoir effectué un travail sur soi et d’être accompagné avec bienveillance par ses collègues et personnels encadrants dans cette période.

Comment réduire les risques de burn-out ?

La prévention du burn-out passe à la fois par celle des risques psychosociaux (RPS) et par la détection de signes annonciateurs, collectifs ou individuels. Elle relève principalement d’une meilleure gestion du stress en entreprise pour une amélioration de la qualité de vie au travail (QVT).

Agir sur les facteurs de risques psychosociaux (RPS)

Les auteurs du Guide daide à la prévention : le syndrome dépuisement professionnel ou burn-out (Anact, INRS et Direction générale du Travail, 2015), destiné aux entreprises préconisent plusieurs leviers pour prévenir le burn-out. En voici quelques-uns parmi les principaux.

Information, sensibilisation et communication

Les campagnes d’information sur le burn-out sont régulièrement mises en œuvre. Elles permettent de lever certains tabous liés à une mauvaise connaissance du sujet et de former chacun à la détection des signes avant-coureurs d’un burn-out, chez lui-même ou chez ses collègues.

En outre, la qualité de la communication au sein de l’entreprise est un facteur d’amélioration de la qualité de vie au travail. Avoir la possibilité d’échanger collectivement sur les difficultés aide à trouver des solutions. Avoir des moments de convivialité favorise la cohésion et le sentiment d’appartenance au groupe, l’isolement étant un facteur aggravant.

Une meilleure régulation de la charge de travail

Par rapport au burn-out, la surcharge de travail est le facteur de risques psychosociaux le plus important. Les personnes à risque de burn-out ont tendance à se surinvestir dans leur travail, à être perfectionnistes, à ne pas oser refuser des tâches supplémentaires alors qu’elles sont déjà surchargées. D’où l’importance d’être extrêmement vigilant sur ce point.

Une reconnaissance plus juste du travail

Une personne qui s’investit beaucoup, avec de bons résultats, mais qui ne sent pas reconnue à sa juste valeur, développe un sentiment de déséquilibre et d’injustice. Un travail qui n’est ni valorisé ni rétribué correctement aggrave le risque de burn-out.

Une reconnaissance plus juste du travail accompli nécessite une meilleure communication autour de ce qui est attendu, en termes de qualité et de contraintes à respecter.

Bon à savoir :
La Mutuelle Ociane Matmut propose aux entreprises de plus de 50 salariés un programme de prévention des risques psychosociaux en entreprise.  

Dépister les signes précurseurs du risque de burn-out

Outre l’amélioration de la qualité de vie au travail, en agissant sur les facteurs de risques psychosociaux, la prévention passe par la détection la plus précoce possible des signes avant-coureurs du burn-out. Ces signaux peuvent être collectifs ou individuels.
En complément, des outils de mesure peuvent être utilisés. Le plus courant est le test de Maslach, ou MBI (Maslach Burnout Inventory), qui est un questionnaire permettant de détecter, au niveau individuel ou collectif, la dégradation du rapport subjectif au travail.              

Signaux collectifs

Parmi les signaux collectifs caractérisant une augmentation des risques psychosociaux pouvant mener au burn-out, on peut être vigilant sur ces points :

  • Augmentation de l’absentéisme ou, au contraire, du présentéisme ;
  • Turn-over important ;
  • Détérioration de la qualité des produits ou services vendus par l’entreprise ;
  • Dégradation des relations sociales au sein de l’entreprise ;
  • Augmentation des accidents du travail, maladies professionnelles…               

Signaux individuels

Parmi les signaux individuels, on sera particulièrement attentif si une personne :

  • Se plaint de manquer d’énergie, d’avoir du mal à se concentrer pour effectuer son travail ;
  • S’irrite facilement ;
  • Dénigre son travail ou son environnement de travail ;
  • Dévalorise son travail, ses compétences, sa personne ;
  • Manifeste un désengagement face à son travail.

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