Salarié du privé, le financement de votre retraite repose essentiellement sur deux piliers. Les cotisations que vous versez en travaillant et les cotisations abondées par votre employeur. Avant de traiter l'aspect pratique de la cotisation retraite, un rappel sur le fonctionnement du régime de retraite s'impose.
Sommaire
Comment fonctionne le régime des retraites ?
Le système de retraite, aussi appelé Assurance vieillesse, repose sur les principes de répartition et de solidarité entre les générations. Concrètement, les cotisations retraite des actifs actuels paient les pensions des retraités actuels.
La plupart des actifs cotisent à la fois à un régime de base et à un régime complémentaire.
Pour le régime de base que gère la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), dès votre premier emploi, l’Assurance retraite vous ouvre un compte individuel : vos cotisations y deviennent des trimestres de retraite.
Dans le régime complémentaire géré par la fédération Agirc-Arrco (pour les salariés du privé), le fonctionnement est différent. La cotisation retraite s'y transforme en points de retraite, points qui se cumulent, eux aussi, sur votre compte.
Une valeur est donnée chaque année au point de retraite. Le moment venu, ces points cumulés sont transformés en complément retraite en fonction de la valeur attribuée l'année de votre passage à la retraite.
La retraite globale d’un ancien salarié est donc l’addition de sa retraite de base et de sa retraite complémentaire à proportion de son salaire.
Cotisation retraite : de quoi parlons-nous ?
Sont évoquées ici les cotisations retraite des salariés du privé, pas celles des autres régimes spécifiques, tels les fonctionnaires, les artisans et commerçants ou encore les agriculteurs.
Le régime retraite des salariés du privé est souvent qualifié de « régime général » car 85 % des retraités perçoivent une pension de ce régime d’assurance selon les statistiques 2025 de la Drees (statistique publique de la santé et des solidarités).
Ces cotisations retraite sont versées par :
- Le salarié avec une fraction de son salaire (ces cotisations représentent 40 % du total cotisé) ;
- L’employeur avec la « part patronale » (qui représente 60 % du total cotisé).
Il existe deux sortes de cotisation retraite (souvent appelée aussi cotisation vieillesse) au régime général : les cotisations retraite dites « plafonnées » et celle qui sont « déplafonnées ».
Les cotisations plafonnées
Les cotisations retraite plafonnées portent sur le salaire brut (6,90 % en 2026), à hauteur du plafond de la Sécurité sociale (PASS).
Le PASS, réévalué chaque année, a été fixé aux valeurs suivantes pour 2026 :
- 48 060 € en valeur annuelle ;
- 4 005 € en valeur mensuelle ;
- 220 € en valeur journalière ;
- 30 € en valeur horaire.
Au-delà du plafond du PASS, le salaire brut n’est pas soumis à cotisation.
Les cotisations déplafonnées
Les cotisations retraite déplafonnées (0,40 % en 2026) s’appliquent quant à elles sur la totalité du salaire brut et non sur un montant limité par le PASS.
Concrètement, ces cotisations retraite déplafonnées ne créent pas de droit à la retraite et ne servent qu’à financer et à équilibrer le système de retraite.
Les cotisations complémentaires
Ces cotisations sont de trois ordres :
- Les cotisations Agirc-Arrco qui permettent d’acquérir des points et de constituer de droits à la retraite ;
- La contribution d’équilibre général (CEG) ;
- La contribution d’équilibre technique (CET).
Mais la CEG et la CET sont des contributions et non des cotisations et n’ont été instaurées que pour équilibrer le régime complémentaire. Elles ne confèrent donc pas de droits supplémentaires aux salariés.
CEG et CET : quand sont-elles perçues ?
La perception ou non de la CEG et la CET va dépendre du montant de votre salaire :
• Si votre salaire brut est inférieur au montant d’un plafond de la Sécurité sociale (PASS), seule la CEG (0,86 %) vient s’ajouter à vos cotisations.
Dans ce cas, le montant de vos cotisations complémentaires est donc de : cotisations Agirc-Arrco (3,15 %) + CEG (0,86 %) = 4,01 % ;
• Si votre salaire brut est supérieur au montant d’un PASS , alors non seulement la contribution d’équilibre général (CEG), mais aussi la contribution d’équilibre technique (CET) seront dues.
Dans ce cas, la CEG est même majorée et passe à 1,08 % alors que la CET reste à 0,14 %.
Calcul de cotisation retraite : un exemple pour bien comprendre
Pour mieux comprendre le fonctionnement de cette « cascade » de cotisations retraite et de plafonds, prenons un exemple pratique.
Romain, un salarié du privé, gagne 4100 € brut par mois en 2026. Il s’interroge : combien cotise-t-il chaque mois pour sa retraite ?
Retraite de base, Romain paye :
• La cotisation plafonnée (6,9 %) : elle porte sur son salaire à hauteur du plafond de la Sécurité sociale ou PASS (4005 € par mois).
Romain verse donc chaque mois 276,34 € pour ses cotisations plafonnées ;
• La cotisation déplafonnée (0,4 %) n’étant limitée par aucun seuil, elle porte donc sur l’ensemble du salaire de Romain, soit 4100 €.
Romain cotise donc chaque mois à hauteur de 16,40 € pour ses cotisations déplafonnées.
Total des cotisations mensuelles pour la retraite de base de Romain :
276,34 € (cotisation plafonnée) + 16,40 € (cotisation déplafonnée) = 292,74 €.
Retraite complémentaire, Romain paye :
• La cotisation Agirc-Arrco soit 3,15 % sur la partie incluse dans le PASS (4005 €) et 8,64 % sur la part de salaire au-delà du PASS (au-delà de 4005 € soit 95 € dans le cas de Romain).
Les cotisations complémentaires de Romain sont donc les suivantes :
Cotisation Agirc-Arrco sur le montant du PASS : 126,16 €
+
Cotisation Agirc-Arrco sur le montant au-delà du PASS : 8,21 €
+
Contribution d’équilibre général ou CEG sur le montant du PASS : 34,44 €
+
CEG (sur le montant au-delà du plafond de la sécurité sociale) : 1,03 €
+
Contribution d’équilibre technique ou CET (sur l’ensemble du salaire) : 5,74 €.
Romain paye donc pour sa retraite complémentaire : 175,58 €.
Total des cotisations retraite mensuelles de Romain :
S’il additionne toutes ses cotisations retraite, Romain cotise donc chaque mois
292,74 (retraite de base) + 175,58 (retraite complémentaire) = 468,32 €.
Les conditions du départ à la retraite
Deux conditions s’additionnent pour que l’on puisse faire valoir ses droits à la retraite :
- Avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite ;
- Avoir cotisé suffisamment de trimestres.
L’âge légal est actuellement fixé à 64 ans (si vous êtes né après le 1er janvier 1969) et il faut avoir cotisé entre 167 et 172 trimestres selon votre date de naissance.
Plusieurs exceptions permettent un départ en retraite avant 64 ans.
C’est le cas, par exemple, en cas de :
- Carrières longues (ex. : une personne ayant commencé à travailler avant ses 20 ans) ;
- Carrières pénibles ;
- Handicap où l’âge de la retraite est, sous certaines conditions, fixé à 55 ans.
À noter :
À 67 ans, un salarié pourra partir à la retraite sans décote et ce, même s’il n’a pas son quota de trimestres.
Pension de retraite : comment est-elle calculée ?
Montant de la retraite de base
Le montant de la pension retraite de base que vous allez toucher chaque mois se calcule ainsi :
50 % de la moyenne des salaires que vous avez touchés durant vos 25 meilleures années
Sur ce montant, une surcote - sorte de bonus - ou une décote, un malus, peuvent ensuite s’appliquer selon les cas.
Vos enfants peuvent vous donner droit à des trimestres supplémentaires d’assurance retraite. C’est la « majoration de durée d’assurance pour enfant. » Concrètement :
- Pour tout enfant né ou adopté avant 2010, les trimestres supplémentaires d’assurance retraite (+ 8 trimestres par enfant) sont attribués à la mère (sauf situation particulière) ;
- Pour tout enfant né ou adopté depuis 2010, les parents peuvent se répartir les trimestres supplémentaires (+ 8 trimestres par enfant) accordés en contrepartie de l’éducation. Les enfants pris en compte sont ceux que vous avez eus, ceux à votre charge ou à la charge de votre époux(se) et que vous avez élevés au moins 9 ans avant leurs 16 ans.
Surcote de la retraite de base
La surcote est une majoration de la pension de retraite de base.
Elle s’applique lorsque vous avez cotisé le bon nombre de trimestres, que vous avez atteint l’âge de la retraite, mais que vous poursuivez néanmoins votre activité professionnelle.
Chaque trimestre supplémentaire acquis grâce à cette poursuite du travail vous donne droit à une majoration de pension de 1,25 % (soit 5 % pour une année).
Cette surcote sera automatiquement prise en compte lors du calcul de votre pension de retraite.
Cette surcote est aussi viagère et vous sera donc versée jusqu’à votre décès.
À noter :
La surcote est calculée avant une éventuelle majoration si vous avez eu trois enfants ou plus. Dans ce dernier cas, votre pension de retraite sera majorée de 10 %.
Décote de la retraite de base
À l’inverse, la décote va minorer le montant de votre pension de retraite de base.
Elle intervient lorsque vous n’avez pas cotisé le nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite à taux plein.
Si vous partez en retraite avant 67 ans sans avoir le nombre de trimestres d’assurance retraite requis, le taux de 50 % est réduit de 1,25 % par trimestre manquant.
Rappelons-nous la formule initiale de la pension de retraite : 50 % de la moyenne des salaires touchés durant vos 25 meilleures années
Ce taux de 50 % se trouve réduit de 0.625 (50 x 1,25 % de décote) par trimestre manquant (voir exemples concrets ci-dessous).
Ce chiffre de 0.625 est appelé pour information le coefficient de minoration.
Il en résulte une perte de revenu sur votre pension de retraite, mais cette décote peut être évitée ou au moins réduite en rachetant des trimestres (12 maximum).
Un exemple de décote dans le régime général pour bien comprendre
1 . Calcul concret du taux de pension :
Gilles est né en 1970 et souhaite partir à la retraite à 64 ans (soit en 2034), l’âge légal de la retraite, en n’ayant travaillé que dans le privé.
Pour une personne née comme lui après le 1er janvier 1969, il faut 172 trimestres (43 ans) cotisés pour prétendre à une retraite de base à taux plein. Or, à ses 64 ans, Gilles n’en aura cotisé que 164 : il lui en manquera donc 8 trimestres pour obtenir une retraite de base à taux plein.
Comment va jouer la décote pour Gilles ?
Pour calculer la décote applicable à sa pension de retraite de base, Gilles doit multiplier le coefficient de minoration par le nombre de trimestres manquants.
Soit 0,625 (coefficient de minoration) x 8 (trimestres manquants) = 5.
Le calcul du taux de pension de Gilles sera donc de 50 % - 5 = 45 %.
2. Calcul concret de la future pension
Pour connaître le montant exact de sa pension de retraite de base :
1. Gilles devra donc ainsi calculer : (Salaire annuel moyen de 25 meilleures années de Gilles) X 45 % (résultat de la décote)
2. Il devra ensuite multiplier cette somme, au résultat de l’opération suivante :
164 (le nombre de trimestres cotisés ) / 172 (le nombre de trimestres que Gilles aurait dû cotiser pour partir à taux plein).
3. En récapitulant, Gilles calculera ainsi sa pension de retraite de base :
Pension = (salaire annuel moyen des 25 meilleures années) X 45 % (résultat de la décote) x (164/172)
Montant de la retraite complémentaire
Le montant de la retraite complémentaire est calculé pour rappel en multipliant le nombre de points (et non plus de trimestres) que vous avez cotisé par la valeur donnée chaque année au point d’indice fixé.
La dernière revalorisation du point Agirc-Arrco (retraite complémentaire des salariés du privé) date de novembre 2024, à une valeur de 1,4386 €.
Ce montant complémentaire peut, lui aussi, subir un bonus ou un malus :
- Si vous partez l’année même où vous pouvez prétendre à votre retraite à taux plein, le montant de votre retraite complémentaire subira un malus de -10 %, et ce durant 3 ans. Pour ne pas subir ce malus, il faut prendre votre retraite un an après l’année où vous pouviez prétendre à un taux plein ;
- Si vous partez 2 ans après l’année du taux plein, votre retraite complémentaire profitera d’un bonus de + 10 % pendant un an ;
- Avec un départ 3 ans après l’année du taux plein, ce bonus de retraite complémentaire sera de + 20 % (pendant un an) ;
- Un départ 4 ans après, vous fera quant à lui profiter d’un bonus de retraite complémentaire de + 30 % durant un an.
Comment faire sa demande de départ en retraite ?
Sauf dispositif spécifique, les salariés du secteur privé peuvent demander leur départ en retraite lorsqu’ils le souhaitent dès qu’ils ont atteint l’âge légal (64 ans pour les natifs de 1969 et après).
- Il vous faudra en avertir votre employeur par le biais d’une lettre recommandée. Mieux vaut anticiper, car vous devrez peut-être respecter un préavis prévu par votre contrat de travail, l’accord d’entreprise ou la convention collective dont vous dépendez.
- La demande de retraite de base peut être effectuée sur le site internet (lassuranceretraite.fr) où l’on aura pris soin de se créer un compte personnel.
Vous pourrez aussi adresser votre demande par courrier à la caisse de retraite de base de votre région (la liste est disponible sur cet annuaire en ligne) en leur adressant un formulaire 51672*05. Il est recommandé de formuler votre demande au moins quatre mois avant la date de départ envisagée. - Il vous faudra, dans ce même délai, demander votre retraite complémentaire à votre caisse Agirc-Arrco (jadis appelées CICAS) qui la gère. On peut trouver celle dont on dépend via ce moteur de recherche et il faudra lui envoyer entre autres un imprimé de demande de retraite.
À noter :
Il est conseillé d’entamer vos démarches pour partir en retraite avec cinq ou six mois d’avance par rapport à la date souhaitée.
Ce délai ne vous sera pas de trop pour pouvoir réunir les nombreux justificatifs qui vous seront demandés.
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