Aussi appelée IVG, l’interruption volontaire de grossesse est un acte médical qui permet aux femmes enceintes de mettre fin à une grossesse avant son terme. Qu’est-ce que c’est ? Quels sont les différents types d’IVG ? Qui procède à ce genre d’acte médical ? Quels sont les délais à respecter ? Est-ce pris en charge ? Toutes les réponses à vos questions avec la Mutuelle Ociane Matmut.
Sommaire
Qu’est-ce que l’IVG ?
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est une pratique médicale permettant à des femmes enceintes de mettre fin à leur grossesse, soit par un traitement médicamenteux, soit par un acte chirurgical. Il s’agit d’un droit légal introduit en France par la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975. Le droit à l’IVG apparaît dans l’article L.2212-1 du Code de la santé publique.
Quels sont les différents types d’IVG ?
Il existe deux méthodes d’IVG en France : la méthode médicamenteuse et la méthode dite « instrumentale ». La méthode proposée dépend notamment de l’avancée de la grossesse, de la situation médicale et du choix de la femme, en concertation avec le professionnel de santé.
IVG médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse.
Elle repose sur la prise de deux médicaments différents à 24 à 48 heures d’intervalle. Le premier interrompt la grossesse. Le second provoque des contractions et l’expulsion de la grossesse.
Cette méthode peut notamment être réalisée en établissement de santé, en cabinet de ville, en centre de santé ou à domicile dans le cadre du parcours défini avec le médecin ou la sage-femme. Des médicaments contre la douleur sont prescrits.
Une consultation de suivi reste indispensable pour vérifier que la grossesse est bien interrompue et qu’aucune complication n’est apparue.
IVG instrumentale
L’IVG instrumentale peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles.
Elle consiste à dilater progressivement le col de l’utérus puis à aspirer utérin. Elle est réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon la situation et les modalités proposées. Elle peut être pratiquée par un médecin ou, sous certaines conditions, par une sage-femme, en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés.
Quels délais respecter en France pour avorter ?
Il y a un délai à respecter pour procéder à une interruption volontaire de grossesse. En France, il est possible d'avorter jusqu'à 14 semaines de grossesse, ce qui correspond à 16 semaines après le premier jour des dernières règles (16 semaines d’aménorrhée) maximum.
Le délai dépend ensuite de la méthode utilisée :
- IVG médicamenteuse : jusqu’à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines après le premier jour des dernières règles ;
- IVG instrumentale : jusqu’à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles.
Une fois la décision prise, il est recommandé d’engager les démarches rapidement afin de tenir compte des délais de prise en charge.
La plupart des pays européens suivent ce délai de 12 semaines, à part quelques exceptions. En Angleterre, par exemple, il est possible d’interrompre sa grossesse jusqu’à 24 semaines d’aménorrhée, soit 22 semaines de grossesse. Aux Pays-Bas, le délai maximal est de 22 semaines d'aménorrhée, soit 20 semaines de grossesse.
Qui peut procéder à un IVG ?
Selon l'article L.2212-1 du Code de la santé publique, toutes les femmes, qu’elles soient Françaises ou non, ont droit d’accès à l’IVG en France.
Selon les dernières données publiées par la DREES, 251 270 IVG ont été réalisées en France en 2024, soit environ 7 000 de plus qu’en 2023. Parmi elles, 80 % ont été réalisées par méthode médicamenteuse..
Bon à savoir :
Il n’existe aucune limite d’âge. Les mineures peuvent procéder à un IVG avec ou sans le consentement de leurs parents. Elles doivent au minimum être accompagnées d'une personne majeure lors de la procédure. La communication enfant/parent est cependant fortement encouragée pour que les jeunes mineures puissent être entourées par leur représentant légal dans cette procédure difficile.
Quelles sont les étapes à respecter pour avorter ?
Les étapes avant l’IVG
- Les étapes avant l’IVG
Avant l’IVG, deux temps sont obligatoires : un temps consacré à l’information et un temps consacré au recueil du consentement. Ils peuvent être réalisés avec un médecin ou une sage-femme.
Il n’existe plus de délai de réflexion minimal obligatoire entre ces deux étapes. Elles peuvent donc, si la femme le souhaite, avoir lieu au cours d’une même consultation.
Première consultation
Lors du premier temps, le médecin ou la sage-femme présente notamment : les deux méthodes d’IVG ; leur déroulement ;
les lieux dans lesquels l’IVG peut être pratiquée ; les éventuels effets indésirables et complications.Un entretien psycho-social est également proposé. Il est facultatif pour les femmes majeures mais obligatoire pour les mineures.
Deuxième consultation
Le deuxième temps correspond au recueil du consentement écrit. La méthode d’IVG et son lieu de réalisation sont alors déterminés en fonction notamment de l’avancée de la grossesse, de la situation médicale et du choix de la femme.Il est également possible d'échanger avec le professionnel de santé sur la contraception après l’IVG et sur le dépistage des infections sexuellement transmissibles.
Visite de contrôle après intervention
Une consultation de suivi est nécessaire après une IVG, qu’elle soit médicamenteuse ou instrumentale. Elle doit généralement avoir lieu entre le 14e et le 21e jour après l’IVG. Elle permet de vérifier que la grossesse est bien interrompue et qu’aucune complication n’est apparue.
Cette consultation permet également d’aborder la contraception si la patiente le souhaite et de proposer un entretien psycho-social en fonction de ses besoins.
Où sont pratiquées les interruptions volontaires de grossesse ?
Le lieu dépend notamment de la méthode choisie.
Une IVG médicamenteuse peut notamment être réalisée :
- dans un établissement de santé ;
- dans un centre de santé ;
- dans un centre de santé sexuelle ;
- en cabinet de ville auprès d’un professionnel habilité ;
- à domicile dans le cadre du parcours défini avec le professionnel de santé.
L’IVG instrumentale est pratiquée en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés. Certaines étapes du parcours d’IVG peuvent également être réalisées en téléconsultation.
Est-ce risqué de procéder à un avortement ?
Comme tout acte médical, l’IVG peut entraîner des effets indésirables ou, plus rarement, des complications. Après une IVG médicamenteuse, des douleurs pelviennes, des saignements et des troubles digestifs comme des nausées, vomissements ou diarrhées peuvent notamment survenir.
Les complications sont rares lorsque l’IVG est réalisée dans des conditions médicales adaptées. Une hémorragie ou une infection peuvent notamment survenir après une IVG médicamenteuse ou instrumentale.
Après une IVG, certains signes nécessitent de contacter rapidement le professionnel de santé ayant assuré le suivi ou un service d’urgence : fièvre supérieure à 38 °C, pertes de sang très importantes, malaise ou fortes douleurs abdominales persistantes malgré les antidouleurs.
Un accompagnement psycho-social peut également être proposé avant ou après l’IVG à toute femme qui en ressent le besoin.
Est-ce que l’IVG est prise en charge et remboursé ?
L'interruption volontaire de grossesse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre d'un tarif forfaitaire.
La prise en charge s’effectue en tiers payant, sans avance de frais, pour les femmes assurées sociales. Aucun dépassement d’honoraires ne peut être facturé dans le cadre du forfait IVG.
L’anonymat peut également être demandé par la patiente. La prise en charge à 100 %, le tiers payant et l’absence de décompte de remboursement lié à l’IVG permettent de préserver cet anonymat.
Où se renseigner ?
Pour davantage d’informations sur l’interruption volontaire de grossesse, il existe un numéro vert : 0800 08 11 11 – appel totalement gratuit. Rendez-vous également sur deux sites internet :
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