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Bigorexie et orthorexie : des dépendances à surveiller

Publié en juin 2022

La bigorexie et l’orthorexie sont deux formes de dépendance dont la particularité commune est qu’elles concernent des activités bénéfiques. Dans la bigorexie, il s’agit du sport, mais pratiqué à l’excès. Dans l’orthorexie, c’est le choix d’une alimentation saine qui devient obsessionnel. Ces troubles sont suffisamment fréquents pour que la Mutuelle Ociane Matmut vous mette en garde contre eux.

La bigorexie et l’orthorexie, qu’est-ce que c’est ?

L’excès en tout est un défaut. Ce proverbe s’applique aussi bien aux drogues qu’aux activités les plus saines et les plus recommandées ! En l’occurrence, l’activité physique compte parmi les premiers facteurs de bonne santé et de longévité. Quant à la consommation d’aliments non transformés, frais et biologiques, n’est-elle pas préconisée par tous les bons nutritionnistes ?

Pratiquées à l’excès, ces deux activités vertueuses deviennent problématiques pour votre mental, votre vie sociale et pour votre santé. Quand c’est le sport qui est concerné, on parle de bigorexie ou de sportoolisme, par analogie avec l’alcoolisme. Quant à l’orthorexie, elle désigne la situation dans laquelle vous vous trouvez à partir du moment où la qualité de votre alimentation devient pour vous une obsession.

La bigorexie ou addiction à l’activité physique

On définit la bigorexie comme une forme d’addiction spécifique à l’activité physique. Celle-ci est alors pratiquée très fréquemment, jusqu’à plusieurs fois par jour, ou très intensément. On constate, chez le ou la bigorexique, une recherche permanente d’amélioration, une obsession de la performance. Privées de leurs doses habituelles de sport, les personnes bigorexiques manifestent de l’impatience, de l’anxiété, une grande nervosité, donc une forme de manque qui évoque une addiction.

Les activités qui paraissent les plus favorables à la bigorexie sont le culturisme et les sports d’endurance, jusqu’aux plus intenses comme le marathon et le triathlon, voir extrêmes, tels que l’ultra-trail et la course Ironman ou « ultra-triathlon ». Dans les salles de musculation, la recherche d’une musculature toujours plus puissante et sculpturale conduirait jusqu’à une personne sur dix à manifester des symptômes de bigorexie.

L’orthorexie ou obsession d’une saine alimentation

L’orthorexie n’a pas de définition médicale précise car cette forme de dérive nutritionnelle n’est pas encore officiellement classée parmi les troubles des conduites alimentaires reconnus (tels que l’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie). Cependant, le lien de l’orthorexie avec ces troubles semble évident. Il s’agit d’une obsession pour la nourriture saine. Une personne devient orthorexique lorsqu’elle cherche absolument à exclure de son alimentation tout ce qu’elle considère comme malsain. Les critères précis d’exclusion ou de limitation varient selon les individus. Ils concernent généralement le sucre, le sel, les matières grasses, les aliments industriels ou même artisanaux, les sources de gluten, de lactose, de sulfites… Il est vrai que les aliments qui sont exclus par les orthorexiques sont pour la plupart également considérés comme des facteurs de maladies ou d’intolérances alimentaires.

Ce qui est pathologique, c’est de pousser les précautions alimentaires à l’extrême. On s’astreint à ne consommer que certains aliments à l’exclusion totale des autres. On se prive de repas avec ses proches pour ne pas risquer d’ingérer le moindre aliment interdit, ou on apporte son propre repas lorsqu’on est invité pour ne pas avoir à manger la même chose que les autres. L’orthorexique en parvient à s’imposer des régimes de plus en plus restrictifs, qui l’exposent à des pertes de poids et à de dangereuses carences.

Bon à savoir :
De l’orthorexie à la bigorexie, et vice-versa. Chez les orthorexiques, l’obsession d’une nourriture saine s’accompagne souvent de celle d’un corps mince, sans un gramme de graisse. Cela conduit certains orthorexiques à des pratiques sportives rigoureuses qui peuvent les faire basculer dans la bigorexie. À l’inverse, les bigorexiques ont tendance à s’imposer des restrictions alimentaires dans un souci de performance et de meilleure endurance, risquant de devenir eux-mêmes orthorexiques.

Les symptômes de la bigorexie

La frontière est difficile à percevoir entre la simple recherche de performance dans le sport et l’excès addictif. Les symptômes de la bigorexie s’observent dans la fréquence et la régularité rigoureuse de la pratique. Les bigorexiques ne veulent rater aucune séance de leur programme hebdomadaire. Ils sont indifférents aux risques d’épuisement, de problèmes articulaires ou d’accidents, pouvant pratiquer des sports d’extérieur même en pleine nuit ou dans des conditions météorologiques très défavorables, ou encore malgré une blessure qui s’aggrave ou devient chronique. Les symptômes de manque sont révélateurs : irritabilité, fébrilité, anxiété, voire état dépressif face à la privation de pratique.

Les symptômes de l’orthorexie

L’orthorexie se manifeste par un contrôle excessif de ce qu’on mange et par d’importantes restrictions alimentaires. Des tests ont été mis au point pour permettre le diagnostic ou l’autodiagnostic de l’orthorexie. Aucun ne semble toutefois être totalement fiable. Considérez-les plutôt comme des indicateurs d’une tendance alimentaire qu’il faudra surveiller.

Le plus connu de ces tests est celui de Steven Bratman. Ce médecin américain est l’auteur de plusieurs ouvrages grand public sur la santé et la nutrition. Ayant expérimenté des régimes alimentaires sur lui-même, il a été le premier, en 1997, à décrire et à nommer l’orthorexie ou orthorexia nervosa, qu’il considère comme un trouble alimentaire. Cependant, la communauté scientifique ne reconnaît toujours pas l’orthorexie comme un trouble au même titre que, par exemple, l’anorexie mentale (anorexia nervosa).

Voici les 10 questions du test de Bratman de l’orthorexie :

  1. Passez-vous plus de 3 heures par jour à penser à votre régime alimentaire ?
  2. Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ?
  3. Leur valeur nutritionnelle est-elle plus importante que le plaisir de les déguster ?
  4. La qualité de votre vie s’est-elle dégradée alors que celle de votre nourriture s’améliorait ?
  5. Êtes-vous récemment devenu(e) plus exigeant(e) avec vous-même ?
  6. Votre amour-propre est-il renforcé par votre volonté de manger sain ?
  7. Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments sains ?
  8. Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloigne-t-il de votre famille ou de vos amis ?
  9. Éprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?
  10. Pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez sain ?

À partir de 5 réponses positives, on peut considérer qu’on présente certaines tendances à l’orthorexie.

Les causes de la bigorexie

Il est bien connu que l’activité sportive rend euphorique et fait plaisir, du fait de l’oxygénation du corps et de la sécrétion d’hormones du bien-être, les endorphines. Des sportifs de haut niveau reconnaissent d’ailleurs leur bigorexie. Mais la recherche du plaisir lié à l’effort, avec une certaine accoutumance qui pousse à en faire toujours plus, est loin d’être la seule cause de la bigorexie.

Des difficultés de socialisation, un manque de confiance en soi ou d’estime de soi peuvent pousser à se surinvestir dans l’activité physique. Celle-ci répond aussi à un besoin de changer d’apparence physique (culturisme) ou de rester mince coûte que coûte (sports d’endurance). Enfin, la bigorexie peut accompagner ou favoriser d’autres troubles, tel que l’anorexie.

Les causes de l’orthorexie

Chez les adolescents et les jeunes adultes, l’influence des réseaux sociaux, avec leurs modèles de restrictions alimentaires, est un facteur d’orthorexie. Celle-ci peut aussi prendre racine dans d’autres troubles du comportement alimentaire, notamment l’anorexie. Comme pour la bigorexie, le souci de son apparence physique, la peur de prendre du poids ou le désir d’en perdre, associés à un manque de confiance en soi, favorisent un contrôle excessif de son alimentation.

Les traitements de la bigorexie et de l’orthorexie

De même que l’identification de ces troubles est délicate, puisqu’elle impose de placer une limite entre ce qui est rigoureux et ce qui devient extrême et obsessionnel, leur traitement peut aussi s’avérer difficile. Il est important que les personnes souffrant de bigorexie ou d’orthorexie prennent elles-mêmes conscience de leur comportement excessif et des risques qu’il fait peser sur leur vie familiale et sociale, et sur leur santé. Outre la famille et les amis, le premier soutien qu’elles obtiendront sera celui de leur médecin traitant. Celui-ci pourra les orienter vers des soins psychologiques.

Dans le cas de la bigorexie, une fois le diagnostic établi et accepté par le patient, son traitement pourra s’effectuer auprès d’un médecin du sport, parallèlement à un suivi en psychothérapie. Les personnes bigorexiques ayant tendance à s’enfermer dans leur addiction, l’enrichissement de la vie sociale et affective est un aspect non négligeable du traitement. Parallèlement, le médecin décidera s’il prescrit des antidépresseurs.

Pour l’orthorexique aussi, le suivi médical, qui se justifie souvent par des carences ou un amaigrissement préoccupant, est plus efficace s’il est accompagné de séances de psychothérapie. De même, la part socioaffective des soins se révèle importante. L’entourage de la personne orthorexique l’aidera à retrouver le plaisir de manger sans restriction, à sortir de son obsession alimentaire.

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