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Quelles sont les cyber-addictions et comment se soigner ?

Publié en juin 2022

Smartphone, tablette, ordinateur... La cyberaddiction affecte un nombre croissant d’internautes et ne se limite plus aux seuls « geeks » : salariés, femmes au foyer, cadres, étudiants, etc. Quels sont les symptômes, les conséquences de la cyberdépendance ? Et comment en sortir ?

Définition de la cyberaddiction

Internet compte près de 4,5 milliards d’usagers à travers le monde. Or, 6% d’entre eux sont considérés comme “accros” au web : soit 180 millions de personnes, atteintes de cyberaddiction.

Qu'est-ce que cela signifie ? La cyberdépendance est un usage « problématique » d’Internet. Autrement dit : un usage excessif, abusif, voire pathologique qui engendre des difficultés chez l’individu. Difficultés qui peuvent être d’ordre psychologique, social ou professionnel.

Pour déterminer si, oui ou non, un individu souffre de cyberdépendance, on considère 4 facteurs :

  • L’utilisation excessive ;
  • L’état de manque : à savoir le degré d’anxiété, d’irritabilité ou de tristesse ressenti chaque fois que l’individu n’a pas accès au web ;
  • La tolérance : qui se traduit par un besoin d’augmenter constamment les quantités (heures consacrées, niveau d’équipement, etc.) pour conserver une satisfaction identique ;
  • Les conséquences négatives liées à l’usage : problèmes relationnels, professionnels, fatigue, perte de repères...

 

À lire aussi : Tout savoir sur l'addiction aux écrans

 

Quels sont les symptômes de la cyberdépendance ?

Phénomène récent, la cyberdépendance n’a été détectée qu’en 1996, lorsqu’un groupe de chercheurs franco-canadiens signale, pour la première fois le « potentiel addictif d’internet ». Depuis, la croissance exponentielle du web et de ses accrocs a permis d’affiner les études sur la question : il en ressort que la cyberaddiction provoque, peu ou prou, les mêmes symptômes psychiques et physiologiques que les autres types de dépendance.

 

Les symptômes physiologiques

Sur le plan physiologique, les « junkies » du web, ces internautes capables de rester rivés à leur clavier nuit et jour, développent fréquemment : 

  • Maux de tête et migraines chroniques ;
  • Maux de dos ;
  • Fourmillements, troubles de la sensibilité, voire diminution de la force au niveau des trois premiers doigts de la main (syndrome du canal carpien) ;
  • Sécheresse des yeux ;
  • Insomnies ou perturbation du cycle du sommeil.

 

Les symptômes psychologiques

Sur le plan psychique, les signes les plus couramment observés chez un cyberdépendant relèvent de l’obsession et du trouble compulsif. Un comportement générateur de souffrances, qui se traduit par :

  • Le sentiment excessif de bien-être ou d’euphorie durant l’usage d’internet ;
  • L’anxiété, l’agitation, voire la sensation de vide quand l’accès au web est impossible ;
  • L’incapacité, malgré la conscience de l’addiction, à diminuer ou cesser l’usage d’internet ;
  • Les mensonges à la famille ou au thérapeute pour dissimuler l’ampleur réelle du temps consacré au web ;

 

Conséquences et dangers de la cyberaddiction

Souvent décrite comme une « toxicomanie sans drogue », la cyberdépendance affecte profondément le quotidien d’un individu. Et de manière d’autant plus pernicieuse qu’elle peut s’apparenter assez longtemps, pour l’accroc comme pour ses proches, à un loisir, un hobby anodin.

C’est le tout premier danger de la cyberaddiction : elle passe sans difficulté « sous les radars ». Elle est difficile à détecter. Des millions de Français passent des heures devant leur télévision… sans pour autant être considérés comme addict ! S’inquiéter de voir son conjoint scotché sur le web peut donc sembler, de prime abord, injustifié ou excessif.

Pour les psychiatres, la frontière entre loisir et cyberaddiction est franchie quand l’usage du web cesse d’être un temps de loisirs parmi d’autres. Quand peu à peu, il devient un enjeu central, une occupation à temps plein, éclipsant tout le reste.

À ce stade, les conséquences – qui sont autant de dangers, à des degrés divers – ne tardent pas à peser sur le quotidien de l’individu. Voici les plus fréquentes : 

  • Négligence de l’hygiène personnelle ;
  • Alimentation irrégulière et de mauvaise qualité (chips, snack, « junk food ») ;
  • Isolement progressif, confusion croissante entre virtuel et réel ;
  • Mise en danger des relations affectives (conjoints et enfants délaissés) ou des activités professionnelles (démotivation, absentéisme, risque de licenciement) ;
  • Dépenses inconsidérées (en matériel, abonnements divers, jeux…), susceptibles de conduire au surendettement.

 

À lire aussi : Pourquoi faut-il limiter l’accès aux écrans pour les enfants ?

 

Les différents types de cyberdépendance

Toutes les études en témoignent : la cyberdépendance n’est pas monolithique. Elle prend des formes très variées, en fonction des individus, de leur âge, leur genre, leur situation sociale, etc. À titre d’exemple : chez les ados, on observe que les garçons développent essentiellement une addiction aux jeux en ligne, alors que les filles se distinguent plutôt par un usage excessif des réseaux sociaux.

Aujourd’hui, statistiques et diagnostics à l’appui, les experts distinguent 5 formes majeures de cyberaddiction :

L'addiction aux jeux en ligne

On compte aujourd’hui en France, 24 millions de « gamers », dont 4 millions jouant essentiellement en réseau, sur le web. Un public plutôt jeune et masculin, même si les adultes et les femmes y font depuis quelques années une percée fulgurante.

Particularité : les addicts des jeux en ligne peuvent enchaîner des « sessions » de 72 à 96 heures d'affilée ! Que cherchent-ils ? À fuir l'ennui et la frustration, répondent en chœur les psychiatres. Durant ces parties marathons, expliquent-ils, l’immersion est totale, la notion du temps se dissipe et les joueurs, stimulés par la compétition, entrent dans un état d'excitation effrénée.

De quoi rendre addict ceux qui cherchent à échapper à une réalité pesante, encombrée de difficultés (familiales, scolaires, professionnelles…) face auxquelles ils sont désemparés, impuissants. Le jeu en ligne devient alors pour eux un refuge : ils ont l'impression d'y avoir trouvé leur place au sein d'un groupe, qui consacre leur habileté, leur valeur, leurs exploits.

L’addiction aux réseaux sociaux

Instagram, Facebook, Twitter, Snapchat, TikTok… Les réseaux sociaux ont connu en 20 ans un développement vertigineux : l’an dernier, ils ne totalisaient pas moins de 4 milliards d’utilisateurs.

Leurs addicts ? Ces usagers accrocs aux « likes », à l’affut du moindre « post » ou de nouveaux « followers ». Une cyberdépendance qui touche surtout les femmes, plus sensibles, selon les experts, à l’image que ces plateformes renvoient d’elles-mêmes.

Conséquence : une quête permanente de l’estime de soi, récompensée, ou pas, en nombre de vues, de messages reçus, etc. Et une tendance à prioriser les cyberrelations plutôt que les liens amicaux, amoureux ou familiaux de la vie réelle. Cette forme d’addiction se développe surtout, expliquent les psychologues, chez les individus présentant « une faille narcissique doublée d'un besoin de reconnaissance sociale ».

L’addiction au cybersexe

420 millions de pages disponibles, 29?000 connections par seconde : pas de doute, les contenus explicites se portent bien sur le web. Le secteur du charme est à l’origine d’un phénomène inquiétant : l’addiction au cybersexe. Un trouble qui touche majoritairement les hommes (79%) mais aussi un nombre croissant de femmes (21%).

Sur le plan psychologique, les individus touchés se définissent fréquemment comme : dépressifs, anxieux, affligés par une baisse d’estime de soi ou un délitement de leur couple. De leur propre aveu, c’est l’anonymat offert par le web, forcément désinhibant, qui les fait glisser dans la spirale addictive.

Conséquences : multiplication des plaisirs « solitaires », déréalisation, éloignement du conjoint, tendance à privilégier les relations en ligne au détriment des rapports avec le partenaire réel.

 

L’addiction au shopping en ligne

Ventes privées, sites discount, livraison gratuite… C’est sûr, le cyberachat a du bon. Sauf si l’on est atteint d’oniomanie : besoin irrépressible d’acheter sans besoin précis. À l'origine de ce trouble : une anxiété profonde, qui déclenche, à répétition, des épisodes de consommation frénétique.

Dans le monde réel, ce trouble trouve vite ses limites : impossible d’essayer 25 robes sans agacer la vendeuse. Compliqué aussi de craquer sur tous les trésors d’un antiquaire : votre voiture n’y suffirait pas. Et passée une certaine heure, vous trouveriez portes closes.

Mais sur le web, plus rien ne vient freiner vos ardeurs : surfer d'une boutique à l’autre, d’un article à l’autre est facile, rapide et possible 24h/24h. C’est l’effet amplificateur du virtuel, avec des risques, eux bien réels, de découvert, surendettement, etc.

La nouveauté ? Cette cyberaddiction, jusque-là massivement féminine, affecte désormais un nombre croissant d’hommes, surtout dans le secteur high-tech !

 

L’addiction aux web séries

S’il n’est pas nouveau, le succès des séries a pris une ampleur phénoménale avec la multiplication des web séries, disponibles  à tout moment, et bien sûr l’apparition des plateformes de streaming comme Netflix (208 millions d’utilisateurs), Amazon Prime (200 millions) ou encore Disney Plus (104 millions). Avec elles, plus besoin d’attendre une semaine pour voir le prochain volet de sa série favorite : on peut regarder 2, 4 et pourquoi pas 6 épisodes d’affilée, voire l’intégrale d’une traite !

Cette pratique a un nom : le « binge watching » (ou « boulimie télévisuelle »). Le problème : elle s’est largement diffusée et vire pour certains à l’addiction pure et simple. C’est le cas, par exemple, quand l’individu en vient à négliger son sommeil ou délaisser ses relations, ses études, son travail, etc., pour leur préférer son écran et s’adonner au « binge watching ».

Selon les études, ce comportement est généralement lié à la dépression, la solitude, ou le besoin de fuir, même temporairement, une réalité problématique. Avec des effets non négligeables sur le bien-être : sédentarité excessive, prise de poids, désocialisation…

 

Comment décrocher ?

Pour sortir de la cyberaddiction, il existe heureusement des stratégies. Elles nécessitent une réelle prise de conscience et une bonne dose de volonté, voire de discipline. Car il s’agit, à terme, de faire évoluer radicalement vos usages et d’instaurer un rapport plus sain au web. Afin d’y parvenir, vous pouvez adopter, à votre rythme, les réflexes suivants :

  • Bousculez vos habitudes : connectez-vous à des moments différents. Placer l’ordinateur dans une autre pièce ;
  • Minutez vos connections : à l’aide d’une alarme ou d’un chronomètre, limitez graduellement, en vous fixant des objectifs réalistes, le temps passé en ligne. Tentez, par exemple, de ne pas rester connecté plus de 2h/jour en semaine, et 3h / jour le week-end ;
  • Faites du ménage dans vos appareils : éliminez les applications, jeux, etc., auxquels vous êtes le plus accrocs sur vos ordinateurs, tablettes et téléphones ;
  • Ne perdez pas vos objectifs de vue : notez en évidence, dans un endroit stratégique (frigo, porte d’entrée, bureau…), 5 inconvénients liés à la cyberdépendance et 5 avantages à la réduire ;
  • Mettez en place des activités alternatives : qu’elles soient sportives, culturelles, etc., l’essentiel est qu’elles vous apportent plaisir, gratification ou détente.

 

Mais adopter ces gestes et s’y tenir, éviter les rechutes ou ne pas culpabiliser en cas d’échec peut s’avérer hors de portée, notamment pour les plus accros. Dans ce cas, n’hésitez pas à consulter un psychothérapeute. Ils sont nombreux, désormais, à proposer suivi et traitement contre la cyberdépendance.

À lire également : Qu'est-ce qu'une digital detox ?

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