Menu

Dyshidrose : levons le voile sur cet eczéma des mains et des pieds

Un doigt humain tendu avec une plaque rouge

La dyshidrose est une affection cutanée touchant principalement les mains et les pieds. Aussi appelée eczéma bulleux ou encore pompholyx, elle se manifeste par des petites vésicules remplies de liquide et provoque démangeaisons et brûlures. Comment reconnaître cette maladie invalidante encore méconnue, quelles voies de traitement et comment vivre avec ?

Sommaire

0%

    Qu'est-ce que la dyshidrose ?

    Définition de la dyshidrose ou eczéma bulleux

    La dyshidrose fait partie de la famille des eczémas. Elle peut affecter localement les doigts et/ou la paume des mains ainsi que les pieds.

    Ses symptômes sont caractéristiques : des rougeurs et des vésicules (petites cloques douloureuses) contenant un liquide clair apparaissent sur les faces ou le bout des doigts, les paumes des mains et/ou les plantes des pieds et entre les orteils. L’eczéma bulleux (aussi appelé la dyshidrose) peut alors s’étendre ou rester circonscrit à une seule partie des mains ou des pieds. Il évolue souvent en maladie chronique, avec des phases de crises et de rémissions.

     L’origine de la dyshidrose reste encore inconnue mais certains facteurs semblent propices au déclenchement d’une crise :

    • forte sudation provoquée par la chaleur ou par le stress ;
    • allergie à certains produits chimiques ou métaux (notamment le nickel) ;
    • infection fongique particulièrement sur les pieds ;
    • les variations hormonales de la grossesse peuvent, parfois, être un facteur déclencheur.

    Le tabac est par ailleurs bien identifié comme un facteur aggravant de l’eczéma bulleux des mains et des pieds.

    Bon à savoir

    Maladie inflammatoire, la dyshidrose n’est pas contagieuse et ne laisse pas de cicatrices.

     

    Comment reconnaître la dyshidrose ?

    En règle générale, la dyshidrose évolue de manière cyclique, avec des phases d'exacerbation et de rémission. Une crise typique se déroule en trois temps :

    1. phase vésiculaire : des petites vésicules transparentes apparaissent, souvent regroupées, ressemblant à des "grains de semoule" sous la peau. Les démangeaisons commencent ;
    2. phase inflammatoire : les vésicules peuvent grossir, se rassembler puis se rompre, créant des fissures et des croûtes de couleur marron et douloureuses ;
    3. phase de desquamation : la peau devient sèche et se desquame avant de retrouver un aspect normal.

    Dans le cas d’une dyshidrose chronique, les poussées peuvent durer de quelques semaines à plusieurs mois, avec une intensité variable. Certains patients souffrent de crises récurrentes rapprochées, tandis que d’autres connaissent des périodes de rémission longues.

    Bon à savoir

    Certaines professions semblent plus à risque, du fait de leurs conditions de travail (manipulation de produits, atmosphère chaude et humide…) : les boulangers, les bouchers et les professionnels de santé seraient les plus exposés.

     

    Les traitements de la dyshidrose

    Comment traiter la dyshidrose ?

    Le diagnostic de la dyshidrose est effectué par un généraliste ou un dermatologue. L'aspect des lésions et leur localisation, ainsi que la sensation de brûlure et les démangeaisons ressenties par les patients sont souvent suffisants pour reconnaître la maladie.

    La difficulté réside dans l’identification des causes de l’eczéma bulleux des mains et des pieds. Or, pour soigner le patient, il est impératif de s’attaquer à la source de l’affection. Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent donc être nécessaires :

    • tests cutanés pour mettre en lumière d'éventuelles allergies de contact ;
    • prélèvements mycologiques pour diagnostiquer une infection fongique ;
    • biopsie cutanée.

     

    En cas de crise, le traitement prescrit par le médecin vise à réduire les démangeaisons et les douleurs et à faire disparaître les vésicules :

    • dermocorticoïdes : administrés sous forme de crèmes ou pommades à base de cortisone, ils ont un effet anti-inflammatoire. L’application se fait généralement le soir et il faut évier de se gratter pour prévenir une surinfection ;
    • percement des vésicules si celles-ci sont très grosses et très douloureuses. Un antiseptique est ensuite appliqué ;
    • antibiotiques en cas de surinfection.
    • pour les formes chroniques sévères, des thérapies à base d’UV et/ou des cures thermales peuvent être prescrites par le médecin.

     

    Combattre les facteurs aggravants de la dyshidrose

    Parallèlement aux soins, il est impératif de s’attaquer aux causes de la dyshidrose et de combattre les facteurs aggravants pour prévenir la propagation de l’eczéma et les récidives.

    Selon les cas et l’origine de la maladie, des mesures de prévention sont prises :

    • traitement fongique ou anti-allergique si nécessaire ;
    • nettoyage des mains et des pieds avec des solutions ou des savons doux et séchage minutieux ;
    • utilisation de gants (avec sous-couche en coton) pour la vaisselle, les travaux de bricolage ou dans le cadre professionnel. Port de chaussettes en coton ;
    • adoption de techniques de gestion du stress : yoga, sophrologie, méditation… ;
    • maintien d’une bonne hydratation de la peau en appliquant régulièrement une crème.

    La sueur étant un facteur favorisant la dyshidrose, il est important de lutter contre la transpiration avec des crèmes, voire des injections de toxine botulique (demandez conseil auprès de votre médecin et/ou pharmacien).

    En été, on privilégiera les sandales et on laissera sécher une journée les chaussures fermées (baskets…) avant de les porter à nouveau.

     

    Comment vivre avec la dyshidrose au quotidien

    La dyshidrose dans la vie de tous les jours

    Les personnes atteintes de dyshidrose chronique ont pour objectif d’éviter les crises et donc les situations qui les déclenchent. Vivre avec l’eczéma bulleux des mains et des pieds impose donc de respecter strictement un certain nombre de règles de vie : limiter le contact avec l’eau et les produits irritants, utiliser des savons naturels sans parfum, maintenir une bonne hydratation cutanée…

    D’autre part, il est conseillé de privilégier les douches de courte durée avec une eau tiède, de sécher la peau en tamponnant plutôt qu’en frottant et de choisir des vêtements en fibres naturelles. Une alimentation équilibrée, riche en oméga-3 et pauvre en nickel (chocolat…), serait susceptible de réduire les risques. 
    L'impact psychologique de la dyshidrose est souvent sous-estimé. Cependant, dans les cas les plus sévères, l’aspect des lésions et les démangeaisons peuvent causer de l’anxiété et un isolement social. L’appui d’un psychologue peut alors s’avérer très utile.

     Les familles des patients doivent être attentives à toute manifestation de mal-être de la part de proches atteints de dyshidrose.

     

    La dyshidrose au travail 

    Si la dyshidrose peut représenter un véritable handicap professionnel, quelques aménagements peuvent faciliter le quotidien. 
    Si vous êtes affecté :

    • informez votre employeur pour envisager des adaptations de poste, en collaboration avec le médecin du travail ;
    • utilisez des gants adaptés et des sous-gants en coton ;
    • appliquez une crème hydratante durant les pauses ;
    • employez des outils ergonomiques réduisant les pressions sur les zones atteintes.

    La Matmut vous accompagne

    Pour profiter d’une couverture santé adaptée à vos besoins et à votre budget, choisissez la Mutuelle Ociane Matmut.