Face à la phobie scolaire ou refus scolaire anxieux ), les parents ne savent souvent que faire. Ce mal-être profond, qui affecterait entre 4 et 10 % des élèves(1), va bien au-delà d’un simple refus d’école. Il se manifeste par des symptômes physiques et émotionnels liés à une anxiété scolaire intense. Pour limiter l'absentéisme et prévenir un décrochage scolaire, un accompagnement psychologique et parental ainsi qu’un aménagement scolaire adapté sont cruciaux.
Sommaire
Qu’est-ce que la phobie scolaire ?
La phobie scolaire (ou refus scolaire anxieux) est définie comme un trouble anxieux chez l’enfant ou l’adolescent qui l’empêche de se rendre à l’école, au collège ou au lycée.
Les jeunes atteints de phobie scolaire ne parviennent plus à aller dans leur établissement d’études et manifestent un stress important à cette idée.
La phobie scolaire ne doit pas être confondue avec le décrochage scolaire.
Trouble de l'enfant | Ressenti de l'enfant |
|---|---|
RSA | L'enfant décrit une peur intense et irrationnelle de se rendre à l’école et des symptômes aggravés de stress malgré un désir d’être scolarisé |
Décrochage | L'enfant témoigne surtout d’un désintérêt et d’un manque de motivation |
Le refus scolaire anxieux touche aussi bien les filles que les garçons. Il peut apparaître dès l’entrée à l’école primaire.
Cette peur d’aller en cours se traduit par différents signes physiques et/ou psychologiques qui ont un impact négatif sur la scolarité des enfants.
Cette souffrance, importante pour l’enfant et sa famille, impacte l’apprentissage, la socialisation et l’estime de soi.
Bon à savoir :
L’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) estime que le refus scolaire anxieux concernerait au moins “entre 1 et 2 % des élèves de la maternelle au lycée” en concédant que le “phénomène [est] sans doute sous-estimé en France.”(2). Au point que certains professionnels évaluent plutôt cette proportion d’élèves affectés par le refus scolaire anxieux entre 4 et 10 % des élèves(1).
Pour compléter :
Quels sont les symptômes de la phobie scolaire ?
La phobie scolaire peut prendre différentes formes chez l’enfant. Une écoute attentive et une observation du comportement de votre enfant face à sa scolarité peuvent vous permettre de détecter un début de mal-être.
Comment commence une phobie scolaire ?
Votre enfant ou adolescent apprécie se rendre à l’école pour apprendre ou voir des amis de son âge. Atteint de phobie scolaire, il ressent un jour boule au ventre et angoisse à l’idée de se retrouver en classe.
La phobie scolaire s’installe progressivement dans la vie de votre enfant. L’environnement scolaire devient source d’anxiété et votre enfant peut laisser apparaître différents signes :
- Refus scolaire ;
- Absentéisme scolaire ;
- Chute des résultats ;
- Difficulté de concentration en classe ;
- Isolement social ;
- Dépression...
Comment se traduit une phobie scolaire ?
Une phobie scolaire se traduit de différentes façons par des symptômes physiques et psychiques divers :
- Maux de tête ;
- Maux de ventre ;
- Vomissements ;
- Crise d’angoisse, crise de panique et pleurs ;
- Perte d’appétit ;
- Trouble du sommeil...
Ces signes n’apparaissent qu’en période scolaire et disparaissent généralement lors des week-ends et des vacances scolaires.
Existe-t-il des tests pour la phobie scolaire ?
Non, aucun test ne suffit seul à poser un diagnostic de phobie scolaire, même si certains questionnaires peuvent mesurer le niveau d’anxiété lié à l’école.
Les tests en ligne pour phobie scolaire en particulier doivent n’être considérés, au mieux, que comme de simples outils d’orientation.
Quelles sont les causes d'une phobie scolaire ?
Les causes de la phobie scolaire sont propres à chaque enfant. Elles peuvent avoir plusieurs origines :
Cause | Origine |
|---|---|
Angoisse de séparation | L’enfant redoute l'éloignement de ses parents. |
Phobie sociale | L’enfant a peur de s’exprimer face à la classe ou de rater ses contrôles. |
Bouleversement dans le cadre familial | Divorce, déménagement, décès d’un proche… |
Liée à son environnement scolaire | L’enfant peut être victime de harcèlement scolaire, voire de cyber-harcèlement. |
Autres troubles de neurodéveloppement (TND) | Dyslexie, dyspraxie (perturbation de la capacité à effectuer des gestes et activités volontaires)… |
Bon à savoir :
Les remarques de certains enseignants et camarades peuvent ajouter du stress à l'enfant qui va, de plus en plus, appréhender son retour à l’école puis refuser d’y aller pour rester à la maison, où il se sent en sécurité.
Faut-il forcer l’enfant face à une phobie scolaire ?
Non, on ne force pas un enfant en phobie scolaire, car le jeune n’est pas dans le « je ne veux pas » mais souvent dans le « je ne peux pas ».
La contrainte peut aggraver l’angoisse, voire provoquer des crises de panique.
Mieux vaut donc viser une écoute constante, un accompagnement et un retour progressif à l’école en :
- Consultant un soignant (médecin, pédopsychiatre, psychologue…) ;
- Travaillant avec l’établissement scolaire (médecin scolaire, CPE, enseignant…) pour aménager un plan de retour progressif ;
- Mettant en place un suivi psychologique, souvent de type TCC (thérapie cognitivo-comportementale).
L'assistance psychologique de l'assurance scolaire Matmut
L’assurance scolaire Matmut vous aide à protéger votre enfant grâce à une couverture contre les dommages causés ou subis lorsqu’il est à l’école et pendant le trajet.
Avec l’option Tranquillité plus de l’assurance scolaire Matmut, votre enfant bénéficie d’une protection renforcée dont l’Assistance psychologique suite à évènement traumatisant(3).
Ainsi, en cas de phobie scolaire, votre enfant bénéficie d’une assistance psychologique pour l’accompagner dans sa guérison s’il a subi une agression, du racket, du harcèlement ou un accident dans le cadre scolaire.
Ce suivi est assuré par :
- Des entretiens téléphoniques individuels avec un psychologue clinicien ;
- Si nécessaire, des entretiens en vis-à-vis avec un psychologue clinicien.
Quelles solutions face à une phobie scolaire ?
Communication avec l’enfant : pourquoi est-ce important ?
Communiquer avec son enfant est même le premier pas vers la résolution d’une phobie scolaire.
Entretenir une relation de confiance avec votre enfant, l’écouter et lui poser des questions sur sa vie à l’école vous permet de détecter les failles, les blocages et angoisses qui accompagnent ses journées à l’école.
Essayer de comprendre votre enfant, lui montrer votre soutien sans jugement et trouver des solutions adaptées, constitue un premier pas vers la résolution de son problème et sa guérison.
Quel médecin consulter pour aider son enfant ?
La prise en charge de la phobie scolaire doit idéalement se faire le plus tôt possible.
Votre médecin généraliste est habilité à diagnostiquer la phobie scolaire.
Il pourra alors prescrire un médicament contre l’anxiété et vous orienter vers un spécialiste pour enfants, comme un pédopsychiatre ou un psychologue.
Ce spécialiste accompagnera votre jeune sur la durée pour favoriser son retour à l’école dans les meilleurs délais.
Quelle thérapie face à une phobie scolaire ?
Une thérapie et un accompagnement adaptés aux souffrances rencontrées par votre enfant lui permettront de canaliser ses angoisses, de les comprendre, et d’y remédier en reprenant confiance en lui et en l’école.
- Le traitement se fait souvent par une thérapie comportementale et cognitive (TCC) ;
- Une thérapie familiale peut également être envisagée si des dysfonctionnements familiaux sont à l’origine de la phobie scolaire de l’enfant.
Faut-il se rapprocher de l'équipe pédagogique de l’école ?
Les enseignants ont un rôle à jouer à la fois dans la détection de la phobie scolaire et l’accompagnement de l’élève dans son processus de guérison.
Vous pouvez vous rapprocher de l’enseignant en charge de la classe de votre enfant, son professeur principal s’il est au secondaire, ou encore le Conseiller principal d’Éducation (CPE).
Rencontrer ces professionnels de l’éducation vous permet de :
- Vous informer sur le quotidien scolaire de votre enfant et d’identifier les blocages potentiels auxquels il fait face ;
- D’avertir l’équipe pédagogique des difficultés rencontrées par votre enfant et de savoir si des aménagements sont possibles ;
- Mettre en place un pas à pas réalistes : pas de retour à temps plein d’un coup mais des petites étapes progressives (passer devant l’école, passage au CDI, ou en permanence avant les cours, rester une heure en classe…).
Quelle est l’importance du cadre parental pendant les soins ?
Un cadre parental ferme, mais sans brutalité devrait être maintenu à travers ces quelques mesures :
- Lever à horaire fixe ;
- Rythme scolaire préservé (surtout pas d’activité « récompense » pendant les heures de cours) ;
- Affirmation de l’objectif de retourner progressivement à l’école ;
- Limitation au maximum des « bénéfices secondaires » (temps d’écran, grasse matinée..).
Le retour à l'école après une phobie scolaire
Si votre enfant souffre de phobie scolaire, il est déconseillé de l’éloigner de l’établissement scolaire trop longtemps. Son anxiété à l’idée d’y retourner n’en sera que plus importante.
Sans retour en classe, votre enfant peut développer une phobie sociale et se renfermer sur lui-même.
Pour faciliter sa réinsertion en établissement scolaire de manière progressive, il existe des solutions. Par exemple, le Projet d’Accueil Individualisé (PAI) qui permet d’adapter l’emploi du temps de l’élève.
Les modalités de réinsertion scolaire prévues par le PAI sont définies par le médecin de votre enfant.
Il peut mettre en place :
- Emploi du temps allégé ;
- Aménagement d’horaires ;
- Activités de substitution :
- Personne référente ;
- Modalité d’alerte en cas de crise.
Ainsi, l’enfant peut reprendre les cours de manière progressive et graduée, par exemple en choisissant ses matières préférées au début. Puis en assistant à d’autres progressivement.
La Matmut vous accompagne
Dans le cadre de son assurance scolaire et de l’option Tranquillité Plus, la Matmut propose un soutien scolaire en ligne pour les enfants du primaire au secondaire, immobilisés au domicile des parents.
Pour aller plus loin
(1) Source : Entretien Santé publique France de Christine Baveux, professeure de lettres classiques, directrice des études, Maison des adolescents Maison de Solenn, hôpital Cochin, Paris.
(2) Source : Publication Inserm, octobre 2023.
(3) Prestations d’assistance réalisées par Inter Mutuelles Assistance GIE, 118 avenue de Paris, CS 40000, 79033 Niort Cedex 9.
