Trop chères, longues à recharger, peu rapides… Les clichés sur les voitures électriques persistent mais les tendances actuelles du marché et les progrès technologiques contredisent plusieurs de ces idées reçues. Tour d'horizon des cinq mythes les plus tenaces pour vous aider à voir plus clair.
Ce qu'il faut retenir
- Les voitures électriques ont un coût global plus avantageux que les thermiques grâce aux aides financières à l'achat, des cartes grises moins chères, un coût énergétique très inférieur et des frais d'entretien réduits.
- L'autonomie des voitures électriques est en forte progression : 400 à 600 km voire plus pour les modèles haut de gamme.
- La recharge n'est pas forcément longue si on l'anticipe et qu'on se dote de matériels à domicile adaptés (prise renforcée, Wallbox).
- Les électriques ont des performances souvent mésestimées, avec des accélérations plus rapides et des vitesses de pointe largement suffisantes pour circuler et doubler.
Sommaire
1. Les voitures électriques sont plus chères que les thermiques
Si on considère uniquement l’étiquette de prix, une auto électrique coûte plus cher à l’achat (entre 20 et 30 %) qu’un véhicule équivalent à moteur thermique.
Mais plusieurs arguments jouent en faveur des électriques.
Aides et allègement de taxe
- La prime « coup de pouce véhicules particuliers électriques » , ex-bonus écologique, peut s’élever à 5 700 euros pour les voitures particulières neuves (sous conditions). À cela s’ajoute une prime additionnelle de 1 200 à 2 000 euros, si la batterie du véhicule est fabriquée en Europe. Au total, l’aide à l’achat peut donc monter à 7 700 euros(1).
- La carte grise ou certificat d’immatriculation : le coût de la carte grise pour une voiture électrique reste nettement inférieur à celui d’une essence ou diesel. Les tarifs dépendent de la région où est immatriculé le véhicule.
Le coût total de possession
De nombreux avantages réduisent le coût total de possession d’un véhicule électrique, soit le montant payé tout au long du cycle de vie de l’auto.
- Une énergie moins chère : le prix du carburant (essence et diesel) ne cesse d’augmenter. L’électrique devient donc un allié sérieux. Selon EDF, pour 100 kilomètres, le coût de la recharge à domicile est de 2,21 euros contre environ 9,90 € pour un véhicule thermique(2) ;
- Les frais d’entretien sont moins importants : pas de vidange à réaliser, pas d’embrayage à réparer et une usure des freins restreinte. Certains spécialistes évoquent une économie de 30 % environ ;
- Moins de réparations mécaniques : les moteurs électriques sont plus simples (moins de pièces) et réputés plus fiables ;
- L’assurance auto est souvent moins chère pour l’électrique ;
- La gratuité du stationnement pour les électriques gagne du terrain dans de nombreuses villes: à Paris (en illimité), à Nice et Strasbourg (2h offertes), à Lyon (pour les résidents de certains quartiers) …
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2. La voiture électrique a peu d’autonomie
Les électriques récentes affichent une autonomie comprise entre 400 et 600 km et certains modèles haut de gamme dépassent les 700 km. Pour rappel, en 2015, le rayon d’action des électriques voisinait 150 km....
L’autonomie des citadines est d’ores et déjà satisfaisante (150 à 200 kilomètres) pour des trajets urbains ou interurbains courts, en particulier lorsque le conducteur :
- Anticipe la recharge et privilégie la charge à domicile, moins chère que sur les bornes publiques, en profitant éventuellement du tarif de nuit. Il est recommandé de charger la batterie quand elle affiche 20 % de sa capacité ;
- Adopte une conduite souple et réduire la vitesse ;
- Utilise les équipements et accessoires voraces en énergie (climatisation, chauffage…) avec parcimonie.
À retenir
Le nombre de bornes de recharge publiques ne cesse de s’étoffer. Rien que sur l’année 2025, 59 000 nouveaux points de recharge ont été installés en France pour un total de 185 501 points de recharge ouverts au public dans l’Hexagone fin 2025.(3)
3. Recharger une voiture électrique prend du temps
Le temps de recharge interminable est l’idée reçue la plus tenace.
En réalité, tout dépend de la :
- Capacité en kWh (kilowatts-heures) de la batterie du véhicule : plus ce nombre de kWh est grand, plus son « réservoir » est grand ;
- Puissance délivrée par la source électrique : la recharge d’un gros SUV sur une prise domestique standard délivrant 2,3 kW ou kilowatts nécessitera fatalement plus de 10 heures.
Tous les spécialistes des mobilités s’accordent sur un principe : la recharge d'une voiture électrique est différente d'un plein d’essence.
- Vous pouvez opter pour les charges lentes, la nuit, moins chères : il faut anticiper cette phase de recharge et ne pas attendre que la batterie soit vide ;
- Les bornes de recharge à domicile ou Wallbox sont plus rapides : il est impératif de choisir la bonne puissance pour son ou ses véhicules électriques ;
- Les bornes de recharge publiques : il existe une grande diversité de solutions, dont les bornes rapides (sur autoroute) qui permettent de récupérer 80 % d’énergie en 20 minutes. Les tarifs sont cependant plus élevés qu’une borne à domicile.
Les systèmes de recharge évoluent à grande vitesse. Pour preuve, en mars 2026, BYD a annoncé l’arrivée en Europe de ses bornes ultrarapides rechargeant une batterie de 10 % à 70 % en… 5 minutes chrono !
Bon à savoir
Pour recharger plus rapidement votre électrique à domicile, il faut, au minimum, envisager la pose d’une prise de charge renforcée. Cet équipement délivre plus de courant (3,2 kW), est mieux sécurisé qu’une prise classique et s'avère surtout bien moins cher qu’une borne de recharge privée ou Wallbox.
4. Les voitures électriques sont moins puissantes
Cette idée reçue est à la fois vraie et fausse…
Fausse parce que :
- Les motorisations électriques offrent un couple supérieur au moteur thermique avec pour conséquence une accélération plus rapide, notamment au démarrage. La Lucid Air passe, par exemple, de 0 à 100 km/h en 2 secondes.
- Plusieurs véhicules électriques affichent des vitesses de pointe supérieures à 200 km/h. C’est le cas, par exemple, de la Tesla Model S P90D. Quant au record de vitesse en électrique, il est détenu par le constructeur chinois Yangwang avec 472 km/h franchis en août 2025.
Mais vraie car :
- En termes de vitesse maximale, les électriques semblent bridées. La majorité des voitures électriques « plafonnent » ainsi à 140 ou 150 km/h,. Ce qui reste amplement suffisant pour les déplacements sur le territoire français (vitesse maximum à 130 km/h sur autoroute), et en particulier pour les trajets en ville.
5. Les voitures électriques d’occasion se revendent mal
La croissance du marché de l'occasion électrique est forte : + 30 % entre 2024 et 2025 pour 177 886 ventes de seconde main en 2025, selon l’association Avere.
Certains modèles connaissent un vrai succès en occasion : Renault ZOE, Peugeot e-208, Fiat 500, Dacia Spring…
- Il n’en reste pas moins que la revente d’auto électrique d’occasion est plus lente (un peu plus de 5 mois en moyenne, soit 161 jours ) que celle d’un modèle thermique (en moyenne, 139 jours).
- Vrai aussi que la décote peut être importante. Une électrique d'occasion perd environ 50 % de sa valeur en 3 ans contre 35 à 40 % pour une thermique sur la même période.
À retenir
Dans les faits, un véhicule électrique d’occasion se revendra d’autant mieux qu’il aura peu de kilomètres au compteur. Le faible kilométrage rassure les acheteurs sur l’état de la batterie, principale inquiétude lors de l’achat d’une occasion électrique.
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(1) En 2026.
(2) Source : EDF.
(3) Source : Baromètre Avere France.
